Eau et Agriculture
Faire de la maîtrise de l’eau un outil de développement rural
Quand on évoque le sujet eau et agriculture, on pense tout de suite à l’irrigation, aux immenses périmètres irrigués collectifs que l’on aménage de Saint-Louis jusqu’à Matam et même au-delà, aux défis que pose leur entretien pour que l’eau atteigne les parcelles les plus éloignées.
Il est bien dommage que l’on aie pas poursuivi l’idée d’une petite irrigation familiale équipée d’une pompe solaire, alimentant un réseau de d’irrigation localisée à basse pression peu coûteux, ne demandant aucun terrassement et fabriqué sur place, bien mieux adapté aux conditions géographiques et climatiques de la moyenne vallée, entre Aere Lao et Matam, et aux attentes des populations.
Mais la maîtrise de l’eau c’est aussi plein d’autres choses, tout un savoir-faire. Maîtriser l’eau, c’est la conserver l’eau, au pied des plantes, et pour cela l’enrichir en matière organique et le protéger de l’évaporation. Maîtriser l’eau, c’est aussi ralentir les eaux de ruissellement et les obliger à s’infiltrer dans le sol au lieu d’emporter tout sur son passage lorsqu’elles dévalent les pentes sur des sols tellement desséchés qu’ils ne peuvent plus s’ouvrir à elles.
Ainsi, penser Eau et Agriculture, ce devrait être tout d’abord penser aux hommes qui vivent de l’agriculture et à la préservation des systèmes agraires qu’ils ont développé depuis des générations. Des milliers de familles de petits paysans de la vallée du fleuve Sénégal, des hautes terres du dieri ou du sine-saloum vivent d’une petite agriculture qui souffre aujourd’hui de la détérioration du climat. La protéger, par la promotion de techniques douces de maîtrise de l’eau, c’est conserver les sols et l’environnement, freiner l’exode rural, renforcer la capacité d’autosuffisance alimentaire... Tout cela sans grands investissements : l’aménagement d’un bassin versant en diguettes anti-érosives ou d’une exploitation familiale en irrigation semi-gravitaire coûte dix fois moins cher que celui d’un périmètre irrigué qu’il faudra réhabiliter tous les cinq ans....