Volontaire ?
Le Volontariat mobiliserait peu les jeunes sénégalais ? Mais n’est-ce pas plutôt une logique d’assistance, fondée sur une vision misérabiliste des sociétés qui les ont vu naître, qui les rebute ?
Ils ont souffert pour étudier, dans des conditions matérielles souvent très difficiles. Un grand nombre d’entre eux ont rêvé que l’école leur ouvrirait de nouveaux horizons, mais ils se sont retrouvés dans une impasse désespérante.
Pourtant, comme tous les jeunes à travers le monde ils débordent d’énergie, un rêve les habite, et ils sont prêts à s’investir dans les projets les plus fous. Mais ils savent aussi au plus profond d’eux-mêmes combien la vie est dure pour les plus pauvres et ils ont soif, maintenant, de s’investir comme professionnels sur des actions durables.
Le volontariat est un investissement. Et comme tout investissement, celui-ci se doit d’être efficace et profitable, même s’il est d’ordre social et que les indicateurs de performances qui lui sont assignés ne sont pas nécessairement financiers.
Le volontariat est un temps de partage. Il n’est ni un stage, ni un emploi ; c’est à la fois un apprentissage du partage des savoirs et une expérience professionnelle véritable.
Jeune, la vie s’offre à toi.
Alors, quelle vie veux-tu offrir à ceux qui viendront après toi ?
Avant de construire une famille, de t’engager dans des responsabilités professionnelles, d’être tenté d’entrer dans la course au pouvoir, économique, politique ou social, ose prendre ses distances par rapport à tous ces modèles et projets dans lesquels il t’est proposé de t’investir, par rapport aux multiples sollicitations dont tu es l’objet. Donne-toi le temps de partir à la recherche de ton humanité, de réfléchir au projet de société que tu vas, par les choix qui seront les tiens, contribuer à porter.
Consacrer un ou deux ans de sa vie à aller à la rencontre des autres n’est pas perdre son temps. C’est donner à ses racines le temps de pousser, chercher la source de ce feu que l’on sent au profond de soi et que l’on sait encore si mal exprimer, lui donner l’ancrage, la force et la consistance par lesquelles il contribuera chaque jour un peu, modestement mais résolument, à forger l’avenir de notre monde.
« Le volontariat, porté dans le cœur du jeune qui s’y engage par un projet de vie, une intuition ou une conviction forte, suscite le respect ; il interroge, il est en lui-même une invitation au dialogue. »
Chronique n°17 du programme EESF
Le volontariat est un acte de construction humaine. Il restera toujours, pour ceux qui en ont eu l’audace, un moment inoubliable de leur existence.
Cessons de parler, agissons !
Soyons honnêtes avec nous-mêmes : malgré tous les discours et les sommes colossales mobilisées, le « développement » ne sera pas durable si les principes sur lesquels il repose n’ont aucun écho en nous, si l’on se refuse à entendre le défi personnel qui nous est lancé, si cela reste l’affaire « des autres ».
Le programme EESF est le fruit d’un partenariat, depuis 2007, entre paysans et experts sénégalais. Son objectif est de participer à l’effort à engager pour relever les défis énergétiques auxquels doit faire face le Sénégal, dans une approche qui préserve et même renforce les équilibres écologiques, agricoles, économiques et sociaux. Il travaille pour cela à l’appropriation par le monde rural de la filière biocarburant, à la valorisation des savoir-faire acquis au profit de l’agriculture paysanne (par exemple par la diversification des huiles produites) et à la création d’emplois qualifiés stables pour les jeunes.
Mais quels que soient la passion qui anime les acteurs d’un tel partenariat, la qualité des résultats atteints, et l’intérêt grandissant qu’il suscite, la dynamique qu’il génère ne sera durable que si leurs enfants se l’approprient et la perpétuent. C’est dans ce souci que le programme EESF repose sur :
- La construction d’une relation solidaire entre acteurs et le traitement équitable de chacun de ceux qui s’y investit constitue la priorité du programme EESF. Il respecte dans sa mise en œuvre les savoirs et investissements de chacun, leur attribuant une même valeur, et combat activement toute logique de discrimination qui place la femme, le jeune, le plus démuni, le paysan ou l’artisan rural, dans une position de « bénéficiaire », générant par là une relation déshonorante de dépendance.
- Un partenariat pédagogique a été conclu avec l’Inspection Départementale de l’Enseignement pour accompagner une vingtaine d’enseignants en classe de CM2 dans une démarche qui a pour objectif de susciter chez les enfants un intérêt pour les multiples richesses de leur environnement et de leur donner l’opportunité de devenir, aux côtés de leurs parents, acteurs solidaires du programme EESF. Et c’est ainsi une toute autre dimension du rôle de l’école, partenaire du développement local, qui se révèle.
Un(e) jeune sénégalais(e), VOLONTAIRE à Sokone ?
Pour impulser ces dynamiques, les partager avec les 400 paysans acteurs du programme EESF et l’équipe de SOPREEF en charge de la production des huiles, entrer en profondeur dans les dynamiques de gouvernance locale et les orienter vers de nouvelles logiques, susciter la mobilisation des jeunes de la région, l’énergie d’une jeunesse généreuse, est indispensable.
Le programme EESF est arrivé à un stade où il a besoin de toute la volonté d’un jeune, sénégalais, lien entre adultes et enfants, traditions et avenir. Un jeune capable, parce qu’il ose le rêve et n’a pas crainte de l’utopie, d’aller jusqu’au bout de l’homme, de lui insuffler l’espoir que tous les efforts engagés peuvent bien avoir une chance d’être durables.